pratique Fiche n°286

La bande cyclable suggérée

 

​Spécificités de la bande cyclable suggérée

Ce n’est pas une piste cyclable !

Pas de règle de circulation décrite dans le code de la route

Largeur standard : 0,90 m (exceptionnellement : 0,70 m minimum)
Distance par rapport à la bordure : le filet d’eau ou un minimum de 0,20 m
Largeur de l’espace tampon : 0,80 m (exceptionnellement : 0,60 m minimum)
Réalisée avec une bande colorée ou des pictogrammes vélo et des chevrons
Rarement recommandée dans une zone où la vitesse pratiquée ≥ 50 km/h

 

Définition

© Gracq

Le terme « bande cyclable suggérée (BCS) » désigne un revêtement différencié ou un marquage qui permet de délivrer deux messages principaux. La BCS va, d’une part, indiquer au cycliste quelle est la meilleure position à adopter sur la chaussée ; d’autre part, attirer l’attention des autres usagers sur la présence éventuelle de cyclistes.

 

Statut

La bande cyclable suggérée n’a pas de statut juridique. Elle n’est définie ni dans le code de la route, ni dans le code du gestionnaire. Ce n’est donc pas une piste cyclable et elle fait partie intégrante de la chaussée. Les usagers motorisés peuvent rouler dessus.

Pour le gestionnaire de voirie, c’est une solution à envisager aux endroits où la largeur ne permet pas de réaliser une piste cyclable marquée.

Dans un SUL, une bande cyclable suggérée peut aussi signaler aux automobilistes la présence de cyclistes à contresens quand il n’y a pas la place suffisante pour marquer une piste cyclable.

Une bande cyclable suggérée permet également d’assurer une transition entre la piste cyclable et le trafic mixte.

Cas particulier: exemple de transition vers le trafic mixte

 

Considérations de sécurité et d’opportunité

Cet aménagement est généralement envisagé là où la vitesse des véhicules est réduite. Si la V85 est supérieure à 50 km/h, l’aménagement d’une bande cyclable suggérée n’est pas souhaitable.

Toutefois, dans certains cas, le marquage de chevrons et de logos vélo peut être utilisé sur des routes où les vitesses pratiquées sont supérieures à 50 km/h, par exemple pour relier des composantes du réseau RAVeL ou des sites cyclables. Dans ce cas de figure, ils permettent de souligner l’itinéraire cyclable.

Si le gestionnaire de voiries opte pour la réalisation d’une bande cyclable suggérée, il est préférable que les véhicules automobiles ne soient pas obligés de l’emprunter en permanence car elle perdrait une partie de son intérêt. La suppression du marquage axial permet d’atteindre plus facilement cet objectif, pour autant qu’il n’y ait pas de risque de stationnement en chaussée (Ce stationnement est autorisé par le code de la route en l’absence de marquage axial).

 

Comment matérialiser une bande cyclable suggérée

Les bandes cyclables suggérées peuvent être réalisées de différentes manières.

Il s’agit, le plus souvent, soit de bandes latérales dans une couleur et/ou un matériau différent par rapport au reste de la chaussée, soit d’une alternance de pictogrammes vélo et de chevrons marqués sur la chaussée.

Généralement les bandes cyclables suggérées sont marquées des deux côtes de la chaussée.

 

Dans certains cas, on peut choisir de marquer la bande cyclable suggérée (BCS) d’un seul côté de la chaussée :

  • dans les rues en pente, uniquement dans le sens de la montée,

sauf pour ce cas particulier : si la largeur d’une voie publique en pente permet l’aménagement d’une piste cyclable marquée (PCM) d’un côté mais pas de l’autre, il est préférable de placer la PCM dans le sens montant et la BCS dans le sens descendant

  • dans les rues à sens unique limité (SUL), une bande cyclable suggérée ne sera aménagée qu’à contresens si la largeur ne permet pas de marquer une piste cyclable,

sauf pour ce cas particulier : une bande cyclable suggérée dans le sens du trafic automobile peut éventuellement être aménagée en cas d’itinéraire cyclable.

 

Revêtement coloré ou matériaux différenciés

La bande cyclable suggérée peut être créée grâce à un revêtement différencié sur les bords latéraux de la chaussée, de préférence gris Couleur du revêtement. ou ocre (pas rouge), l'objectif étant d'obtenir un effet de contraste.

Dans ce cas, il est important de veiller à maintenir une surface de roulage pour les cyclistes  la plus plane possible et durable dans le temps.

En pratique, un revêtement ocre est réalisé soit en enrobés minces (ESHP), soit en produit de marquage (enduit à froid). Il doit satisfaire à des exigences minimales de rugosité.
Celles-ci sont spécifiées au chapitre G.3.5. du CCT Qualiroutes pour les revêtements à hautes performances et au chapitre L.4.3.2.5. pour les marquages (minimum 55 unités SRT pour un marquage de grande surface).

A intervalle régulier, des logos vélo et des chevrons peuventCela renforce le message : « Présence de cyclistes ». être ajoutés.  Il convient cependant de maintenir un contraste suffisant entre les logos et le revêtement coloré.

Vu sous l’angle de la sécurité routière, cet aménagement rétrécit visuellement la chaussée (ce qui peut avoir un impact positif sur les vitesses pratiquées) et donne une meilleure place aux cyclistes. C’est une solution qui renforce la sécurité tant subjective qu’objective des modes actifs.

 
 

Marquage

Les bandes cyclables suggérées en marquage sont constituées de pictogrammes vélo et de chevrons. Pictogrammes et chevrons sont soit marqués en alternance, soit en veillant à ce qu’un pictogramme vélo soit présent au moins tous les 40 m et à chaque carrefour ou zone de conflit.

En section courante, la distance entre les différents marquages (pictogramme vélo et chevrons) est de 10 à 20 m.

Cette interdistance est à adapter selon le contexte : plus élevée en alignement droit, plus serrée en courbe, par exemple.

Dans certains cas, cette distance peut être réduite jusqu’à 4 m, voire moins. Ceci permet d’augmenter le niveau d’attention des usagers et peut être conseillé dans les virages, à l’approche de carrefours, là où on détecte un manque de visibilité des cyclistes, etc.

La distance minimale entre la bande cyclable suggérée et la bordure correspond à la largeur du filet d’eau, soit 0,20 à 0,50 m.

Schéma classique de la bande cyclable suggérée

 

Pictogramme vélo standard

La largeur standard des logos et pictogrammes vélo est de 0,90 m. Elle peut, si les circonstances l’exigent, descendre jusqu’à 0,70 m. Il faut toutefois veiller à toujours garder la proportion de 3 en largeur pour 5 en longueur.

En cas de bande cyclable suggérée en marquage de pictogrammes vélo et chevrons, un revêtement coloré est un moyen pratique d’attirer ponctuellement l’attention sur un conflit éventuel ou de rendre plus lisible une situation peu claire.

 

Comment déterminer si la bande cyclable suggérée doit être marquée ou non à l’intérieur d’un carrefour

Les intersections étant le lieu de concentration des conflits entre les usagers, la continuité du cheminement cyclable à hauteur d’un carrefour mérite toute l’attention du gestionnaire de voirie.

Si la bande cyclable suggérée se trouve sur la voie prioritaire, alors elle est marquée. Si elle se trouve sur une voie non prioritaire, alors le marquage doit être interrompu avant le carrefour et il ne faut pas colorer la traversée.

 

Proximité par rapport à un espace dédié à un autre type d’usager

Mixité  Espace tampon

Il existe une série de recommandations basées sur le concept d’espace tampon.

 

Stationnement

Stationnement longitudinal

Un point important à prendre en compte lors de la réalisation d’une bande cyclable suggérée est le régime de stationnement. Contrairement à une piste cyclable marquée, une bande cyclable suggérée n’interdit pas, par elle-même, le stationnement, mais elle n’est évidemment d’aucune utilité si on peut y stationner !

En l’absence de bande de stationnement, une interdiction de se garer sur la chaussée s’impose (ligne jaune discontinue ou signalisation verticale).

En présence d’une bande de stationnement latéral (d’une largeur standard de 2 m), il est indispensable de prévoir un espace tampon de 0,80 m (minimum 0,60 m), comme pour la piste cyclable marquée.

Si le stationnement est organisé en chicane En d’autres termes, les bandes de stationnement sont marquées en alternance d’un côté puis de l’autre. , il faut prendre en compte la situation où il pourrait y avoir un conflit frontal conducteur/cycliste.

Le dévoiement est marqué lorsque le conducteur a la possibilité de ne pas rouler sur la bande ocre empruntée par le cycliste qui arrive face à lui.

C’est donc en fonction des largeurs disponibles que l’on détermine si la bande cyclable suggérée doit être interrompue ou pas. Dans ce cas tout à fait particulier, une tolérance est envisageable concernant l’espace tampon qui peut être réduit à 0.40 m.

 

Largeur disponible ≥ 6 m

Dans ces conditions, l’automobiliste peut laisser la place au cycliste face à lui, en roulant sur la BCS aménagée à sa droite.

E.3.02.02 schema 11.png
Largeur minimale pour marquer le dévoiement en chaussée dans le cas du stationnement en chicane

 

Largeur disponible < 6 m

Dans ces conditions, la largeur est insuffisante pour donner toute la place au cycliste sur une BCS qui serait aménagée à gauche par rapport au sens de circulation de l’automobiliste.

Dès lors, pour inciter à la prudence, on ne marque pas la bande ocre le long de la bande de stationnement.

E.3.02.02 schema 12.png
Stationnement en chicane avec peu de largeurs disponibles : cas où il convient d’interrompre le marquage de la bande cyclable suggérée

 

Stationnement en épi

Stationnement en épi inversé (entrée en marche arrière du véhicule)

Dans les zones où la vitesse est réduite, ce type de stationnement est intéressant pour les cyclistes et pour les automobilistes, car :

→ Le cycliste ne doit pas tenir compte de l’ouverture des portières.
→ L’automobiliste a un bon aperçu des cyclistes lorsqu’il quitte sa place de stationnement.
→ Les occupants de la voiture ne se retrouvent pas sur la BCS ou sur la chaussée en entrant/sortant du véhicule.

Toutefois, il est important de décourager l’entrée en marche avant des véhicules venant du sens de circulation opposé.  En outre, la chaussée doit être assez large pour pouvoir effectuer une manœuvre.

En conclusion, le stationnement en épi inversé est particulièrement bien adapté aux voiries à sens unique.

Dans le cas de « l’épi inversé », la largeur de la zone tampon est limitée à 0,20 m, puisque le danger lié à l’ouverture des portières n’existe pas.

 

Stationnement perpendiculaire en marche avant ou organisé en épi “classique”

Ce type de stationnement est fortement déconseillé en bordure d’un aménagement cyclable car le conducteur a une mauvaise visibilité lorsqu’il quitte sa place de stationnement.

 

Arrêt de bus

Lorsque le bus s’arrête en voirie, le marquage de la bande cyclable suggérée est interrompu le long de la zone d’arrêt.

 

Dans le cas d’un arrêt de bus en encoche, la bande cyclable suggérée n’est pas interrompue.

 

Accès à un parking public ou à un parking privé ouvert à un large public

La bande de stationnement est interrompue 5 m de part et d’autre de l’accès, soit au moyen du marquage, ou de préférence via l’aménagement d’une avancée de trottoir.  Celle-ci permet d’améliorer la visibilité réciproque du cycliste et de l’automobiliste.

Pour attirer l’attention de l’automobiliste, le tronçon de bande cyclable suggérée peut être coloré :

 

Exemples de profils

Voirie à deux sens de circulation sans bandes de stationnement

 

Voirie à deux sens de circulation avec bandes de stationnement

 

La création d’une bande cyclable suggérée nécessite-t-elle l’adoption d’un règlement complémentaire ?

La bande cyclable suggérée n’a pas de statut juridique. C’est pourquoi cet aménagement ne nécessite pas de règlement complémentaire.

 

Sources et infos

Dates de mise à jour
10 octobre 2022

Chapitre 4.2. - adaptation du schéma sur le revêtement coloré et chapitre 6.1. - Ajout de l'encadré "Que faire si ?"

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Avertissements

Les informations publiées dans la Sécurothèque (https://securotheque.wallonie.be) sont fournies à titre informatif. Sur le terrain, la réalisation des aménagements découle d’exigences spécifiques, examinées au cas par cas.

Les prescriptions techniques (pour les travaux routiers effectués sur le réseau régional et pour les travaux routiers subsidiés effectués sur le réseau communal) se trouvent dans le document de référence : CCT – Chapitre L-2 (signalisation verticale) – Chapitre L-4 (signalisation horizontale). Il est évidemment recommandé de réaliser le marquage avec une rugosité réduisant le risque d’accident en cas de sol humide.