pratique Fiche n°193
  • Publication 26 octobre 2022

Signalisation lumineuse de circulation : gestion des piétons

Quel est précisément le message délivré par les feux pour piétons ?

En Belgique, les feux pour piétons sont bicolores rouges et verts.

Le vert autorise le piéton à s’engager sur le passage pour piétons.

Le rouge indique que le piéton n’a plus le droit de s’engager, sur base de l’article 63.1.2.1 du Code de la route, mais il a le droit d’encore se trouver sur le passage piéton L’Article 4.1 du Code du gestionnaire (AM du 11/10/1976) impose au gestionnaire de prévoir un temps suffisant pour terminer la traversée.

En d’autres termes, il peut terminer la traversée à son rythme, même si le signal lumineux de circulation bicolore passe au rouge, principe que devront respecter les conducteurs qui changent de direction (voir ci-dessous « Conflits autorisés »).

Les feux se placent de part et d'autre du passage pour piétons et sont visibles par les piétons durant toute leur traversée.

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Feu classique pour les piétons Feu cyclo-piéton, tout à fait similaire au feu classique, du point de vue du piéton

 

Faut-il implanter d’office un passage pour piétons dans un carrefour à feux et comment l’aménager ?

Comme dans tout carrefour, l’implantation d’un passage pour piétons est à considérer au cas par cas.

Le choix exact des emplacements est un choix concerté et justifié après définition des objectifs et contraintes. Il dépend de l’évaluation des incidences sur la sécurité routière.

Il est recommandé que les passages pour piétons soient présents là où un itinéraire piéton se dessine naturellement, de préférence là où il y a des trottoirs. Vouloir tracer des passages pour piétons à toutes les branches du carrefour est parfois inopportun.

Dans un carrefour à feux, plus encore que dans tout autre carrefour, l’emplacement précis des bandes blanches est un compromis entre :

- l’itinéraire naturel des piétons Pas de détour pour les piétons qui ne tournent pas au carrefour. Un piéton préfère aller tout droit plutôt que de dévier même légèrement de sa trajectoire., mais qui constitue souvent un long passage piéton du fait de l’évasement du carrefour, ce type d’angle étant essentiel pour assurer la giration des bus et camions;

- le passage piéton le plus court (au-delà de l’évasement), mais qui éloigne de l’intersection et génère un détour pour la plupart des piétons.

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Illustration d’un passage pour piétons avec signalisation lumineuse de circulation, où le marquage des
bandes blanches débute hors évasement, ce qui simplifie par ailleurs l’installation du dispositif podotactile.

 

Pour réduire la longueur de la traversée des piétons, dès que les largeurs le permettent il est recommandé d’aménager un refuge.

Lorsqu’il y a plusieurs bandes de circulation, un îlot central (ou dans certains cas le terre-plein central) permet de ne traverser qu’un seul sens de circulation à la fois.

Il convient de dédoubler les feux bicolores à partir du moment où il s’agit bien d’un refuge conforme aux recommandations Minimum 1,50 m pour les traversées piétonnes, minimum 2,50 m pour les traversées cyclables..

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Schématisation d’un passage pour piétons avec îlot refuge d’une largeur >2.50 m, équipé du dispositif
podotactile requis et avec dédoublement des feux bicolores

 

Quels sont les critères pour réguler un passage pour piétons en section ?

Après avoir diagnostiqué, sur une section précise, un risque accru d’accident impliquant des piétons, le gestionnaire de voiries va examiner différentes solutions. Si un passage pour piétons est tracé, il peut envisager la possibilité d’y réguler la traversée par des feux.

Dans certains cas, lorsque le flux piéton est important, il peut être intéressant également de réguler la traversée pour des raisons de mobilité.

Une attention particulière doit être accordée à la crédibilité de ce type de dispositif. Cette crédibilité est apportée par une fréquentation suffisante des piétons (+ de 240 piétons par jour) et par un trafic motorisé important (+ de 12.000 veh/j). Avec un trafic motorisé moindre, le risque est que les(s) piéton(s) traverse(nt) dès qu’un créneau se présente dans le flux de voitures. On sera alors dans un scénario où, lorsque le feu passe au rouge pour les véhicules, il n’y a plus de piéton en attente. Quid alors de la crédibilité et du respect du feu par les automobilistes ?

En outre, au niveau régional, l’objectif est d’assurer la cohérence sur le réseau. Ainsi, il convient de réguler les traversées piétonnes sur les 2 x 2 voies où un réel dangerProblème de visibilité lors de la traversée : un véhicule ralentissant sur la première bande masque le piéton pour les usagers de la seconde bande. existe pour les piétons et où le maintien de la configuration à 2x2 voies a été jugée nécessaire.

Cette régulation est également recommandée aux endroits où le flux piéton est tellement important qu’il a éventuellement besoin d’être régulé pour permettre le passage des autres usagers (notamment les transports en commun).

En revanche, elle ne l’est pas sur les routes à deux voies avec un trafic tant automobile que piéton se situant dans la moyenne. Dans ce cas de figure, d’autres éléments sont à mettre en avant et à développer en priorité pour sécuriser les modes actifs.

Autre principe important : la visibilité sur les lieux doit être vérifiée (de jour comme de nuit).

En effet, l’implantation a peut-être été mal choisie initialement. Or, le passage pour piétons devra être identifié en tant que tel, y compris si les feux sont en panne.

Supposons que l’on opte pour une régulation, un risque d’accident entre véhicules peut exister en queue de file (s’il y a une file de véhicules arrêtés par le feu rouge et que le dernier véhicule n’est pas visible, par exemple en raison de la courbe formée par la route).

Enfin, il est utile de rappeler que des feux tricolores n'offrent aucune sécurité physique supplémentaire par rapport aux passages piétons. Ils ajoutent une contrainte pour les piétons qui doivent respecter les feux.

 

Quels sont les points d’attention concernant l’équipement ?

Placement

Souvent les feux pour piétons sont montés sur les mêmes supports que les autres signaux lumineux de circulation, en visant la meilleure visibilité possible. Les poteaux ne doivent pas gêner le passage (notamment des usagers qui ne traversent pas mais circulent sur le trottoir) et ne doivent pas constituer un obstacle trop proche de la voirie (pour les camions qui tournent, par exemple).

Par ailleurs, la bonne pratique consiste à aligner deux par deux les poteaux C’est utile car cela fait partie des repères pour une personne déficiente visuelle, qui doit maintenir une certaine trajectoire sur le passage pour piétons. des feux classiques piétons ou cyclo-piétons.

Enfin, un soin particulier doit être apporté à la mise en place du support par rapport aux dalles podotactiles installées systématiquement à hauteur de tout passage pour piétons.

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Position idéale du support de feu avec bouton-poussoir Position possible du support de feu (avec ou sans bouton-poussoir
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Position du support dans le cas d’une traversée cyclo-piétonne

 

Equipement de détection des piétons

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Lorsque le vert piéton n’est donné que « sur appel » (du moins durant une partie de la journée — la nuit, par exemple), les piétons doivent faire un appel via une détection qui se décline sous deux formes : le bouton-poussoir ou les capteurs de présencePar radar ou caméras. de piétons en attente sur le trottoir ou au niveau du refuge.

S’il est fait usage de boutons-poussoirs, il faut :

  • choisir une couleur qui contraste avec le support ;
  • fixer le dispositif de telle manière que le bas du boîtier se trouve à 80 cm du sol, maximum ;
  • vérifier la bonne orientation Idéalement, pour le piéton, la face avant doit être parallèle à l’axe de la traversée. Cependant, dans le cas des traversées cyclo-piétonnes, d’autres choix seront peut-être posés pour répondre aux besoins des différents types d’usagers..

Le but est qu’une personne en chaise roulante puisse utiliser aisément le bouton-poussoir.

 

Equipement clarifiant le message, pour tous

Les équipements les plus récents témoignent d’un effort dans le sens de la communication.

Retour d’information

Lorsqu’un bouton-poussoir a été enclenché, il est intéressant d’en avertir les piétons, y compris ceux qui se trouvent à l’autre extrémité du passage pour piétons. L’affichage du message « appel enregistré » leur évite d’appuyer une nouvelle fois.

Remarque : Certains fabricants proposent aussi un système avec différents types de lumières.

 

Accessibilité

Pour améliorer l’accessibilité Respecter le principe d’accessibilité universelle, c’est prendre en compte les différents besoins des personnes porteuses d’une déficience (auditive, visuelle, motrice ou cognitive). de l’espace public, il est recommandé d’utiliser un équipement adapté aux besoins des personnes déficientes visuelles.

Le signal sonore, en particulier, permet de localiser le feu et de comprendre quelle est la couleur : rouge pour le piéton (rythme lent) ou vert pour le piéton (rythme rapide). Le son émane soit du bouton-poussoir, soit de la lanterne de feu.

La difficulté, pour le gestionnaire de voiries, réside dans le fait que le signal sonore peut être source de plaintes de la part des riverains.

Des boîtiers tactiles vibrants existent également. Ils sont conseillés Quand les feux bicolores sont dédoublés, il peut y avoir un doute sur la provenance exacte du signal sonore. quand l’aménagement comporte une traversée en deux temps. La vibration et une flèche en relief indiquant le sens de la traversée confirment à l’usager qu’il va bien s’engager dans un sens où le vert est donné au piéton.

Enfin, pour aider à comprendre la complexité du carrefour, il est souvent utile de schématiser la traversée, en relief sur le côté du boîtier.

 

Mise en place de l’équipement non-électromécanique

Rappelons qu’en cas de panne, les usagers devront se conformer à la signalisation verticale. Un soin particulier doit donc être apporté à la mise en place des signaux routiers.

 

Sur quoi va porter la réflexion concernant la régulation ?

Conflits autorisés

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Le feu piéton sera vert uniquement lorsque les feux automobiles sont rouges dans la direction sécante (perpendiculaire). En revanche, les feux automobiles de directions parallèles peuvent être au vert en même temps dans les régulations classiques (carrefour entre deux routes « en croix » ou encore « en T »). Des règles différentes existent dans le cas des feux fléchés.

Il y a une multitude de possibilités dans les aménagements (selon l’angle formé par les branches du carrefour) à combiner avec le type de feux utilisés (classiques ou fléchés), vert ou orange clignotant notamment (qui sont déterminés par la stratégie de régulation d’un carrefour).

On peut distinguer différents types de localisation pour réguler des traversées piétonnes :

 

Cas généraux  
1) Dans un carrefour entièrement géré par des feux

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2) En section, sur une route

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Cas particulier

 
En fonction de contraintes spécifiques, un carrefour peut être équipé d’une régulation n’étant effective qu’à l’endroit du passage pour piétons (régulé avec le trafic de l’axe principal uniquement). Ce cas de figure est appelé «passage pour piétons régulé en carrefour».

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Phases de feux

Avec ou sans appel piéton, qu’est-ce qui change ?

Dans les carrefours classiques, semi-urbains ou urbains, la régulation intègre de mieux en mieux les modes actifs, notamment les piétons lorsqu’ils sont nombreux. L’appel piéton n’y est donc pas toujours souhaitable.

Cas 1 :

Sur l’axe principal, le vert est donné au piéton sur appel.

 

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Cas 2 :

Le vert est donné systématiquement au piéton lorsque les feux automobiles sont verts dans la direction parallèle.

 

Les cycles avec vert piéton sur appel vont imposer au piéton un temps d’attente qu’il ne subit pas dans le cas d’une régulation simple en 2 phases Ensemble de lignes de feux qui sont vertes en même temps. incluant systématiquement les piétons.

En réalité, les deux paramètres essentiels pour un passage piéton sont sa longueur et l’importance du trafic automobile donné en même temps que lui. Cela conditionne, en général, le fait qu’il soit donné systématiquement ou sur appel. Ce sont les passages piétons traversant un axe important (où il y a un enjeu de fluidité du trafic automobile) qui vont souvent être donnés verts uniquement sur appel, surtout s’ils sont longs.

De quoi dépend le temps d’attente du piéton ?

A cet égard, le nombre de phases a un impact significatif.

En fonction de la complexité du carrefour, une régulation en 3 phases est peut-être la solution qui a été choisie, sur base des enjeux et contraintes. Or, une régulation en 3 phases va octroyer le vert à un passage piéton dans une seule des 3 phases, ce qui, statistiquement, implique davantage de temps d’attente.

Plusieurs exemples de régulation en 3 phases sont illustrés dans la fiche dédiée au tourne-à-gauche.

 

Durée du vert et du rouge (piéton)

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La référence légale en cette matière est l’Article 4.1 du Code du gestionnaire.

 

Pour réaliser le calcul des durées en fonction de la largeur de chaussée, on considère que le piéton se déplace à une vitesse de 1,20 m par seconde. Dans certains cas, il est conseillé d’allonger la durée du vert pour prendre en compte les piétons se déplaçant plus lentement : 0,80 à 1 m par seconde, devant les hôpitaux ou les écoles, par exemple. Ceci sera défini dans la stratégie de régulation.

Les deux mesures-clés à retenir sont :

1) qu’il est obligatoire de maintenir le feu vert fixe Le vert clignotant est autorisé par le Code de la route mais n’est pas utilisé en Wallonie. Ce vert clignotant suit le vert fixe. Il a une durée de 3 à 5 secondes sans que cela réduise la durée du vert fixe. pendant un laps de temps permettant au piéton d’effectuer l’ensemble de la traversée à la vitesse fixée ;

2) que le feu rouge destiné aux piétons « doit apparaître quelques instants avant l'allumage des feux qui autorisent les conducteurs à franchir le passage pour piétons. » Cette durée (à calculer également) est celle du « rouge de dégagement ».

Dans les passages piétons « en section » (hors carrefour), comme devant certaines écoles par exemple, la durée du vert piéton peut également être prolongée en temps réel par la présence des piétons sur le passage piéton, en ayant recours à certains équipements.

On peut également distinguer deux parties dans les durées de rouge piéton : le rouge de dégagement (dépendant de la longueur du passage pour piétons) et le reste du rouge durant les autres phases antagonistes (le trafic automobile). Ce dernier étant variable très souvent, d’un cycle à l’autre (vu l’installation de feux variables ou « feux intelligents » Feux équipés de détecteurs de vitesse et qui vont s’adapter en temps réel ; le but étant, notamment, de modifier le comportement des usagers (allumage du rouge pour réduire la vitesse pratiquée).), il est impossible, dans ces cas-là, de déterminer sa durée. Un compte à rebours est donc inconcevable, excepté -dans les 4 à 7 dernières secondes qui sont, elles, connues. A contrario le compte à rebours sera possible lorsque les durées de phases automobiles sont fixes (et ne s’adaptent pas au trafic en temps réel), par exemple dans un centre-ville saturé où, quelle que soit l’heure, le trafic est denseDans ce contexte, la durée des phases n’a pas de raison d’être variable..

Règlementairement, un feu piéton n’a pas de durée minimale de rouge. On la fixera donc à 1 seconde.

Enfin, nous constatons que de plus en plus d’aménagements juxtaposent traversée piétonne et traversée cyclable. Si tel est le cas, pour la régulation c’est la vitesse de déplacement des piétons qui est déterminante. Les cyclistes bénéficient du même temps de vert que les piétons.

Mais comme le rouge de dégagement est déterminé en fonction de la vitesse de déplacement piétons de 1,20 ou 1 m par seconde, les cyclistes qui arrivent à la première seconde de rouge sont frustrés de ce long temps d'attente, alors que leur vitesse de déplacement est plus proche des 5 m/s ou plus. Il s’agit là d’un inconvénient du feu cyclo-piéton par rapport à des feux distincts.

 

Sources et infos

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Les informations publiées dans la Sécurothèque sont fournies à titre informatif. Sur le terrain, la réalisation des aménagements découle d'exigences spécifiques, examinées au cas par cas.