pratique Fiche n°83
  • Publication 07 juillet 2022

Les trottoirs

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Qu’est-ce qu’un trottoir et quels sont les usagers autorisés à y circuler ?

Définition

Le trottoir est un espace public destiné au cheminement et spécialement aménagé dans le but de permettre la circulation des piétons Le Code de la route mentionne qu’il doit être « revêtu de matériaux en dur » et c’est un point à approfondir. En vertu du principe d’accessibilité universelle, il faut que tous les usagers, en ce compris les personnes à mobilité réduite, puissent cheminer sur le trottoir. L’enjeu est « d’aménager spécifiquement », avec un revêtement praticable pour tous (pas avec du simple gravier)., ce qui exige l’utilisation d’un revêtement présentant certaines caractéristiques techniques. Il peut être en saillie, mais ce n’est pas obligatoire. Il est séparé de la chaussée par un élément qui rend visible et perceptible le partage des espaces de circulation.

De manière tout à fait explicite, pour rencontrer le cas particulier du trottoir traversant, le Code de la route apporte une précision importante :

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"Le fait que le trottoir en saillie traverse la chaussée ne modifie pas l'affectation de celui-ci."

Définition complète du Code de la route : article 2.4 du Code de la route

 

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Documentation sur les différents types de revêtements évalué en fonction des besoins des usagers :

Juridiquement, Nous nous concentrons volontairement ici sur les informations à prendre en compte afin de concevoir un aménagement. Il existe évidemment d’autres normes, en lien avec la gestion du domaine public. les trottoirs sont considérés comme des dépendances de la route, au même titre que les accotements (Articles 2.41 et 2.42 du Code de la route), les talus, les fossés, les avaloirs, la signalisation, les dispositifs d’éclairage, …

 

Comprendre la différence entre trottoir et accotement

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Au sens du Code de la route (Article 2.42), nous montrons ici un accotement en saillie, « espace surélevé par rapport au niveau de la chaussée, distinct du trottoir et de la piste cyclable, compris entre la chaussée et un fossé, un talus ou des limites de propriétés.»

Cet espace est revêtu d’un matériau qui ne répond pas au critère d’accessibilité pour tous. Ce n’est pas un trottoir.

Hors agglomération, les véhicules peuvent stationner sur les accotements stabilisés, en laissant à la disposition des piétons une largeur minimale d’1,50 m. Art. 23.1.2°

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Cette illustration montre une partie de la voie publique prévue pour les piétons, mais revêtue de graviers. Conceptuellement cela reste un accotement, puisqu’un trottoir, par définition (article 2.40 du Code de la route), doit être revêtu de matériaux en dur. En agglomération, les véhicules ne peuvent pas stationner sur les accotements.

 

Usagers autorisés à circuler sur le trottoir

Toute personne se déplaçant à pied, en marchant ou en courant

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©AdobeStock

Le piéton doit emprunter le trottoir (Article 42.1 du Code de la route).

Sont assimilées aux piétons « les personnes qui conduisent à la main une brouette, une voiture d’enfant, une chaise roulante ou tout autre véhicule sans moteur n’exigeant pas un espace plus large que celui nécessaire aux piétons et les personnes qui conduisent à la main une bicyclette, un cycle motorisé ou un cyclomoteur à deux roues. » ( Article 2.46 du Code de la route)

 

Certains utilisateurs d’engins de déplacement qui circulent à l’allure du pas

L’Article 7bis du Code de la route assimile aux piétons :

1) les utilisateurs d'engin de déplacement non motorisés qui adoptent une vitesse n’excédant pas l’allure du pas ;

2) les personnes à mobilité réduite utilisant des engins de déplacement motorisés qui leur sont exclusivement destinés, et qui se déplacent sans excéder l’allure du pas.

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©Pixabay

 

En agglomération, les cyclistes âgés de moins de 10 ans, avec un vélo d’enfant et pour autant qu’ils ne mettent pas en danger les autres usagers (Article 9.1.2.5° du Code de la route).

 

Et les cyclistes hors agglomération ?

Article 9.1.2.4° du Code de la route

Les cyclistes et les conducteurs de cyclomoteurs à deux roues classe A peuvent emprunter le trottoir s’il n’y a pas de piste cyclable, s’ils circulent à droite par rapport à la direction suivie et s’ils cèdent bien la priorité aux piétons.

= 3 conditions à respecter

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Les trottinettes électriques et autres petits véhicules de mobilité douce entrent dans la catégorie des « engins de déplacement motorisés » si, par construction, ils ont une vitesse maximale limitée à 25 km/h (Article 2.15.2. du Code de la route).

OR, à l’exception des PMR évoqués ci-dessus, les utilisateurs d’engins de déplacement motorisés sont assimilés aux cyclistes (Article 7bis. du Code de la route).

DONC, en agglomération, il est interdit de rouler avec une trottinette électrique sur le trottoir.

 

Pourquoi aménager un trottoir ?

La réalisation d’une infrastructure piétonne de qualité est évidemment souhaitable dans de très nombreux contextes, parce que ce type d’investissement permet d’améliorer la qualité de vie.

La question de l’opportunité de créer un trottoir doit aussi être abordée en réfléchissant au risque : un piéton contraint de cheminer sur la chaussée s’expose à un danger.

D’un point de vue réglementaire, l’absence de trottoir impose un comportement des piétons Sans trottoir, ni accotement, ni piste cyclable, les piétons sont contraints de marcher à gauche, sauf s'il poussent un vélo. Ils sont confrontés à la circulation automobile, ce qui est particulièrement déconseillé s'ils conduisent des enfants. En l'absence de trottoir et d'accotement, le stationnement peut s'effectuer le long des façades. S'il n'y a pas de stationnement, ni d'accotement, ni de trottoir, la circulation s'effectue le long des façades et les piétons auront beaucoup de mal à déterminer où il est le plus prudent de circuler… , régi par le Code de la route. (Article 42.2.2).

Dès qu’elles circulent sur la chaussée ou sur la piste cyclable, ces personnes sont en dehors de l’espace qui leur est dédié. Elles empruntent alors une partie de la voie publique où les accidents peuvent survenir pour de multiples raisons : par effet de surprise, par manque de visibilité, parce que l’infrastructure n’indique pas l’existence d’une vie locale…

Le piéton a besoin de bénéficier d’espaces suffisants pour se déplacer de manière sûre. Tout projet de sécurisation d’une traversée d’agglomération devrait intégrer ce besoin.

Le but ultime est que tous les espaces et bâtiments ouverts au public ou à usage collectif soient desservis par des trottoirs, à moins de se situer à l’intérieur d’une zone piétonne ou d’une zone de rencontre.

Remarque : l’alternative est le chemin réservé ou l’aménagement D9

Il y a également une attente très forte d’amélioration de l’accessibilité de et vers les arrêts de bus, les gares et autres arrêts de transports en commun.

Que faire si les largeurs disponibles sont insuffisantes ?

Elles peuvent être insuffisantes à cause des installations des concessionnaires de câbles et de canalisations (qui ont placé des équipements comme des armoires, des poteaux, des taques, etc.). Elles le sont parfois en raison de la géométrie des lieux.

Il incombe au gestionnaire de voirie d’évaluer les différents aménagements possibles, sur base d’un ensemble de paramètres.

Méthodologiquement, il est conseillé de considérer en premier lieu s’il est envisageable ou non de réaffecter (en tout ou en partie) l’espace dédié au stationnement ou à l’accotement.

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© tous à pied

La décision finale est prise sur base d’une analyse des avantages et inconvénients identifiés pour chaque type d’aménagement : zone de rencontre, zone piétonne, trottoir un peu plus étroit que la norme de 1,50 m (à justifier en montrant qu’il y a bien une impossibilité matérielle, physique ou technique), …

 

Quelles sont les caractéristiques techniques d’un trottoir ?

Pour la conception, de façon synthétique, nous rappelons ici quelques points importants.

Largeurs

La largeur se mesure sans tenir compte du chanfrein de la bordure.

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Afin de répondre au critère d’accessibilité, le trottoir doit être conçu pour permettre un cheminement permanent libre de tout obstacle sur une largeur minimale de 1,50 m et sur une hauteur minimale de 2,20 m mesurée à partir du sol.

« Au droit d’un obstacle dont la longueur ne dépasse pas 0,50 m, la largeur minimale peut être réduite à 1,20 m, pour autant qu’aucun autre obstacle ne soit présent à moins de 1,50 m. » (Article 415/16 du GRU)

 

Il est hautement recommandé d’opter pour un élargissement de trottoir :

⇒ dans les zones d’abords écoles ;

⇒ dès que le flux piéton est important au point d’inciter à marcher sur la chaussée.

La largeur doit être adaptée aux flux, aux usages Installation de terrasses, de mobilier urbain etc. et à la configuration des lieux, le minimum recommandé étant fixé à 2 m en milieu urbain.

 

Saillie et pentes

pensez-y-det.png Une différence de niveau de 5 cm minimum, entre le trottoir et la chaussée, est indispensable pour garantir la détection de la bordure par une personne déficiente visuelle.

 

 

 

Cela participe également au fait d’éviter le stationnement sur le trottoir.

En outre, pour l’évacuation des eaux, chaque trottoir présente une pente transversale, appelée « dévers ».

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Ce dévers transversal doit être inférieur ou égal à 2 %

Article 415/16 du GRU

Il importe de surveiller les dégradations et les transformations qui peuvent surgir au fil du temps : éviter les changements de niveau, les jeux de pentes (longitudinales) produisant un effet d’ondulation tout à fait inconfortable.

Un soin particulier devra dès lors être apporté à l’aménagement des accès carrossables Avec bordure à grand chanfrein franchissable par les véhicules au droit des entrées de garage. Toujours en s’appuyant sur ce principe-clé : c’est la voiture qui s’adapte et franchit le trottoir, non le piéton qui doit subir l’effet d’ondulation..

Le maintien de l’horizontalité du trottoir constitue un enjeu important en termes d’accessibilité.

 

Examen du sol : trous et fentes

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Figure 1 : Cendrier enterré, grille de caniveau, …

Il est préférable d’éviter, autant que possible, l’installation de ce type d’équipement sur un trottoir.

Si aucune autre solution n’existe pour le placement de la grille, alors les fentes doivent être orientées perpendiculairement ou en oblique par rapport au sens de la marche Le sens de la marche est déterminé en observant le cheminement piéton principal. .

Le Guide Régional d’Urbanisme mentionne que le revêtement doit être « dépourvu de trou ou de fente de plus de 1 cm de large ».

 

Comment réaliser un abaissement de bordures pour aménager la transition entre le trottoir et la chaussée ?

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Dans le cadre de l’aménagement d’un passage pour piétons ou d’une traversée cyclo-piétonne, la règle du zéro ressaut s’appliquera à la jonction entre le trottoir, le filet d’eau et la chaussée.

Pour des raisons techniques, une tolérance de maximum 2 cm (une bordure biseautée) peut être acceptée à condition qu’il n’y ait pas de cumul de ressauts.

 

Cas 1 : Trottoir étroit ou standard

⇒ Maintenir l’horizontalité sur tout l’espace face à la traversée piétonne (surface équipée de dalles podotactiles).

⇒ Réaliser deux inflexions de part et d’autre (avec des pentes conformes au Guide Régional d’Urbanisme La pente en long est idéalement inférieure ou égale à 5 centimètres par mètre pour une longueur maximale de 10 mètres. En cas d’impossibilité technique d’utiliser des pentes inférieurs ou égales à 5 %, les pentes suivantes sont exceptionnellement tolérées et envisagées successivement dans l’ordre ci-après : - 7 % maximum pour une longueur maximale de 5 mètres ; - 8 % maximum pour une longueur maximale de 2 mètres ; - 12 % maximum pour une longueur maximale de 50 centimètres.).

Bémol : La particularité de certaines constructions ne permettra peut-être pas de modifier aisément le niveau du trottoir tout en longueur de cette façon (par exemple, s’il existe un seuil de maison en pierres). Des recommandations spécifiques sont en cours d'élaboration pour tenir compte des cas particuliers.

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Figure 2

Cas 2 : Trottoir large (3 m minimum)

Dès que les largeurs le permettent, il est recommandé de réaliser l’inflexion dans le prolongement de la traversée piétonne, tout en offrant une surface de circulation bien plane à proximité des façades (ou d’une autre ligne guide). Sur une largeur d’1,50 m (minimum), le piéton qui poursuit son chemin sans traverser pourra ainsi se déplacer comme sur un trottoir standard, sans changement de niveau.

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Figure 3

 

Cas 3 : A un carrefour avec passages pour piétons

Entre deux traversées piétonnes et sur tout l’angle, une pratique relativement courante consiste à maintenir le trottoir à 2 cm maximum au-dessus du niveau de la chaussée. Cet abaissement des bordures avec inflexion généralisée constitue une mesure favorable pour les personnes déficientes motrices. Il convient alors de veiller au parfait contraste entre le trottoir et la chaussée. Néanmoins, ce type d’aménagement ne rend pas la limite du trottoir détectable à la canne. Il ne répond pas au principe d’accessibilité universelle puisqu’il n’est pas adapté pour les personnes déficientes visuelles.

Il est donc recommandé d’abaisser les bordures sur une largeur qui correspond exactement à celle du passage pour piétons ou de la traversée cyclo-piétonne . Dès qu’elle n’est plus face à la traversée, la personne déficiente visuelle doit retrouver une bordure de 5 cm minimum.

 

Que retenir concernant les équipements, le mobilier urbain et les mesures temporaires dans le cadre d’un chantier ?

De façon théorique, le libre passage est jugé suffisant si le critère de largeur est rencontré et s’il existe une hauteur libre sous obstacle de 2,20 m minimum.

En pratique, maintenir un cheminement sans entrave reste compliqué, en raison de l’encombrement des trottoirs et du stationnement parasite.

Il y a en outre des prescriptions et des recommandations spécifiques concernant la circulation piétonne et l’accessibilité, à prévoir dans l’organisation des chantiers.

Veiller à l’absence d’obstacles sur les trottoirs est un principe-clé du bon aménagement qui prend en compte les personnes porteuses d’une déficience.

 

Sources et infos

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Les informations publiées dans la Sécurothèque sont fournies à titre informatif. Sur le terrain, la réalisation des aménagements découle d'exigences spécifiques, examinées au cas par cas.